Le trafic fut fluide. Comme convenu, environ deux heures plus tard, Pédro et Mwini arrivèrent à destination. Il faisait très tard. Les habitants de la ville, pour la majorité, dormaient déjà. Chantale, l’étudiante supposée accueillir Mwini, les avait donnés rendez-vous, au rond-point le plus proche de sa maison. Arrivé, Pédro lança un appel téléphonique, pour lui signifier qu’ils étaient à l’endroit indiqué. Quelques minutes plus tard, elle surgit. Petite de taille, vêtue d’un manteau, car c’était en plein automne. L’hiver n’était plus loin.
Contrairement au royaume Muntu, ayant un climat généralement chaud et humide, le climat du royaume Nomade était cadencé par quatre saisons : le printemps, l’été, l’automne et l’hiver, ayant chacune leurs spécificités, au temps convenable. Il faisait légèrement froid. Mwini n’avait pas encore la notion de savoir gérer son habillement, en fonction du climat. Car, au royaume Muntu, c’était faire play. Vu les climats favorables qui y régnaient, les bantu s’habillaient comme bon leur semblaient. Mais, à cette occasion, par réflexe, il mit sur lui un pull. Notons que Mwini n’avait pas encore, les vêtements adéquats qu’il fallait, pour affronter l’automne et surtout l’hiver qui approchait. Il n’eut pas le réflexe de s’informer sur le climat, avant arriver. Pour lui, il était juste content d’avoir pris l’avion, pour le royaume Nomade. On ne l’informa pas, non plus. Donc, c’était une notion qu’il allait découvrir de par lui-même, avec le temps.
Chantale se rapprocha de la voiture, là où ils étaient garés. Puis, entra dans la voiture et se mit à orienter Pédro jusqu’à devant chez elle. Arrivés, ils descendirent de la voiture et montèrent chez Chantale. Un petit studio : chambre, salle de bain et cuisine. Pas très espacé. Pédro était rassuré d’avoir laissé son petit neveu, entre les mains d’une bantu et pouvait s’en aller, en toute sérénité. Le même soir, il reprit la route, en direction de sa ville, en souhaitant bon courage à Mwini, son petit neveu.
Mwini, très réservé, se fit tout petit, en suivant les instructions et informations que lui donnait sa compatriote. Chantale était une étudiante bantu qui, avait aussi quitté le royaume Muntu, pour venir étudier, au royaume Nomade. Chantale lui fit s’avoir qu’elle négociait, au près d’une sœur bantu, si on pouvait lui trouver un studio provisoire, le temps que l’université l’attribut une chambre, au campus. La maison de Chantale n’était pas vraiment loin de l’université. Ils en avaient, pour cinq minutes environ, en bus.
Le lendemain, Chantale fit faire le tour à Mwini. C’était un dimanche. Elle lui montra comment ça se passait, concernant les choses basiques, en général. Comme, prendre le transport en commun, les différents endroits et choses élémentaires à savoir ; etc… Dans la foulée, Mwini découvrit qu’il n’y avait pas seulement le bus, comme transport en commun. Il y avait aussi le tram ! Alors, à défaut d’avoir le métro, étant donné que Dison était une petite province, il y avait ce petit sorte de train citadin qui circulait dans la ville. Son réseau ne connaissait pas d’embouteillage si ce n’est des petits problèmes techniques qui pouvaient survenir. Et, cela très rarement ! Ou presque pas. C’était très pratique parce qu’en ce moment-là, on pouvait permuter entre les bus et les trams, histoire d’optimiser son trajet. Chantale l’expliqua le fonctionnement des transports en commun qui étaient régulés par des plannings horaires, variant selon les différentes saisons et qu’en tant qu’habitant de cette ville, il était plus pratique pour lui de prendre un abonnement, pour son pass. C’était plus rentable que de payer ses trajets par ticket qui avait une validité d’une durée d’une heure de trajet. Ils passèrent aussi à l’université de Dison. Chantale lui montra sa faculté où il allait étudier et comment s’y rendre, en transport en commun. En faisant le tour, Mwini remarquait la beauté et la grandeur de l’université de cette petite ville. L’université se répandait, pratiquement sur un vaste étendu. Disons, tout un quartier ! Il y avait plusieurs points d’accès, à l’université. Les trajets des trams y étaient aussi incorporés, histoire de faciliter l’accès aux étudiants, dans l’université. Plusieurs facultés, écoles, restaurants, points de lavage de lessive, bibliothèques, campus, un gymnase, une piste de course composaient l’université. Le tout couronné de petites routes par ici et par là et d’une grande pelouse bien verte, soigneusement entretenue. A proximité, des bâtiments, commerces, restaurants, fast-foods, hôpitaux, cabinets médicaux, pharmacies, etc. A une trentaine de minutes de là, à l’une des extrémités de la ville, un grand centre commercial. Il y en avait deux, dans la ville. L’autre se situait à l’autre extrémité, à environ une heure trente de trajet, en partant de l’université. Enfin, le nécessaire y était ! Jamais Mwini n’aurait pu imaginer fréquenter ce genre de structure. C’était impressionnant, pour lui ! Et, il avait déjà hâte d’y revenir lundi, pour faire ses modalités, achever son inscription et commencer ses cours. Les cours de Mwini avaient déjà débutés. Mwini était arrivé, avec quelques semaines de retard, dû aux complications de l’obtention de son visa.
Le tour fait, le jour même, dans l’après-midi, Chantale devrait se rendre à l’église où elle priait, pour rendre culte à Dieu. Ils y allèrent, tous les deux. C’était une petite assemblée fondée par ces fidèles qui s’étaient réunis. Cette assemblée ne comptait que des bantu, en général, excepté une nomadienne fondue dans la masse mais qui, ne pouvait pas non plus passer inaperçu, vu sa couleur de peau et son accoutrement. Elle était vêtue de vêtements d’origine bantu.
Le culte terminé, Chantale présenta Mwini, à son entourage. Ce n’étaient pas des étudiants, excepté un seul qui s’appelait Sosthène. D’ailleurs, il était guitariste, dans l’assemblée de l’église même. Pour la plus part, c’était des parents : jeunes mères au foyer et jeunes pères en cavale entre des petits boulots intérimaires. Présentations faites, les conversations s’enchainèrent naturellement. Dans la foulée, la nomadienne les rejoignit. Elle se présenta, auprès de Mwini. Elle s’appelait Sophie-Sébastienne LAMBIGU et n’était pas étudiante non plus. A sa grande surprise, Mwini constata que Sophie-Sébastienne parlait couramment la langue Djékajimbakana. Chose qui ne laissa pas Mwini indifférent ! Car, il était rare de voir un nomadien parler couramment le Djékajimbakana. C’était plutôt l’inverse qui se produisait. Alors, ça a suffit, pour captiver son attention. Sophie-Sébastienne n’était pas dupe, non plus ! Elle remarqua que Mwini fut attentionné par sa personne. Alors, cela lui donna l’occasion de l’approcher d’avantage, pour mieux se connaitre. Elle lui posait des questions et Mwini répondait, tout naturellement. Puis, le feeling passa, entre les deux. Ils s’échangèrent les coordonnés. Quelle grâce, pour Mwini ! Le jeune homme tantôt calme, tantôt agité, dissimulant le tout derrière son côté posé et réservé, venait d’avoir une pomme qui lui était tombé sur la main gratuitement ! Etait-ce le fruit d’un hasard ? Les bons dieux se soucièrent du statut civique de Mwini ?
Les conversations s’enchainèrent. L’entourage se mit à lui parler de comment ça se passait, en général, pour les citoyens étrangers vivant au royaume Nomade. On le fit s’avoir que pour avoir les papiers qui lui permettront de résider, pour une durée indéterminée, au royaume Nomade, il fallait qu’il se mette en couple avec quelqu’un et avoir un enfant de préférence. Tout étant un peu mélangé dans sa tête, car à la base, Mwini était arrivé avec un état d’esprit d’un étudiant vraiment déterminé qui voulait se donner à fond, pour réussir ses études et un jour, travailler pour subvenir à ses besoins et de ceux de sa famille. Mwini avait un titre de séjour nomadien d’une validité d’un an qu’il devait renouveler chaque année, après validation de son année académique. La loi nomadienne n’autorisait que deux années d’échecs, aux étudiants étrangers. Comme quoi, après cela, l’étudiant était sommé de rentrer chez lui, dans son royaume d’origine. Une immigration choisie. Et vu, les informations qu’il recevait de cet entourage, cela était très déstabilisant et stressant ! Mais, Mwini avait encore sa tête sur ses deux épaules. Il savait ce pour quoi il était là. Donc, il tenait d’abord à atteindre ses objectifs, avant d’envisager quelconque éventualité, pour rester définitivement en terre nomadienne. Mais, se mettre en couple avec quelqu’un ne lui posait pas de problème, parce que c’est une réalité de la vie qu’il devait bien envisagé, tôt ou tard. Plusieurs pensées défilèrent, dans sa tête, mais ne dit pas un mot. Il préféra les écouter, car selon lui, il avait plutôt beaucoup à apprendre qu’à dire. Alors, il se contenta d’écouter.
Il partit de là, avec pas mal d’informations, concernant le mode de vie des étrangers en terre nomadienne et le contact téléphonique de Sophie-Sébastienne LAMBIGU.
Écrite par: BOUKAKA M’BALOULA Chancelvie R. ( Chancelvie Boukaka )
le 20 mai 2023, à Dakar ( Sénégal )
Com Belle Lumière en partenariat avec: MINO’S BOSS (créateur de vêtements de #Mwini et #Ngonda).
L’album photo de Mwini et Ngonda.